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GAEC Vauthier : l’élevage bien dans son époque
Contrairement
à certaines idées reçues, il n’est pas nécessaire d’attendre plusieurs générations
de vaches avant de voir les premiers effets positifs de la génétique et de la pratique
de l’IA en charolais. L’histoire du GAEC Vauthier (à Pouru aux Bois, dans les Ardennes)
est là pour le prouver. En effet, en à peine 10 ans, le GAEC Vauthier est aujourd’hui
à la tête d’un splendide troupeau de plus de 130 charolaises au niveau génétique
élevé. Pour parvenir à ce résultat, la famille Vauthier n’a pas hésité une seule
seconde à faire le choix de la génétique. Au bout de ces 10 années, Damien VAUTHIER
compte plusieurs mères à taureaux dans son élevage et 3 veaux mâles entrés récemment
dans le schéma de sélection Gènes Diffusion. Zoom sur ce jeune éleveur en phase
avec son époque.
Installé avec sa mère il y a maintenant 10 ans,
Damien VAUTHIER a constitué son troupeau actuel sur la base des 50 charolaises inscrites
de l’époque qui appartenaient déjà à ses parents. A l’époque, le GAEC souhaitait
passer son troupeau à 100 vaches. Aussi, Damien a repris une exploitation laitière
(à 10 km de son propre élevage) pour la reconvertir en élevage allaitant, constituant
à ce jour la première reconversion lait / viande du département des Ardennes. Par
la suite, le GAEC élimina, petit à petit, les vaches achetées durant ces premières
années pour concentrer son effort génétique sur le troupeau d’origine. Le troupeau
d’aujourd’hui prend donc sa source sur celui d’il y a 10 ans.
Pour parvenir au résultat actuel, Damien VAUTHIER
a accentué une pratique initiée par ses parents, et encore (très) originale en son
temps : « Mes parents inséminaient déjà beaucoup à leur époque. Ils possédaient notamment
un système entravé qui permettait de réaliser les IA en hiver » explique
le jeune éleveur. Aujourd’hui, sur 130 vêlages, 120 sont issus d’IA. Damien ajoute
que ses « veaux issus d’IA sont nettement meilleurs que ceux de monte naturelle ».
Car oui, effectivement, l’éleveur a également fait appel au service du taureau au
milieu de ses vaches. Et le constat est sans appel : « J’ai pratiqué l’IA et la monte
naturelle en parallèle. Force est de constater que les veaux issus de monte naturelle
ont fait reculer le troupeau, à l’inverse de l’IA qui le fait progresser. J’ai pris
2-3 "gamelles" avec la monte naturelle et j’ai vite compris la différence
».
La sécurité des index
Le fait de pratiquer l’insémination n’est pas la
seule explication à la qualité du troupeau. En effet, Damien est également un passionné
de génétique. « C’est un éleveur très regardant sur les index » explique
Stéphane THIBAUX, technicien génétique du CEIA des Ardennes et conseiller génétique
de l’éleveur. « Il ne veut prendre aucun risque sur la génétique qu’il utilise pour
ses bêtes. Pour cela il a besoin de chiffres et de données fiables, d’où sa consultation
systématique des index. C’est une sécurité pour lui ». L’éleveur affirme
lui-même que les index favorisent « la progression du niveau de l’élevage et de la
production du lait », critères inhérents à ses objectifs de sélection.
Néanmoins, la facilité de naissance reste quand même la priorité de l’éleveur. Avec
130 vêlages par an, l’éleveur oriente logiquement sa génétique vers le vêlage facile.
Et cela fonctionne. Aujourd’hui, la césarienne n’est
quasiment plus pratiquée. « Certains collègues éleveurs ne veulent pas me croire
mais sur mes 130 vêlages l’an dernier, je n’ai eu…que deux césariennes »
précise Damien.
Génétiquement parlant, le vêlage facile ne doit pas être l’unique critère de sélection
pour un troupeau de cette taille. Damien VAUTHIER l’a très bien compris et travaille
aussi les qualités laitières de ses vaches. Aspect indispensable à la bonne marche
du troupeau, les vaches doivent produire suffisamment de lait pour les veaux. « Il
faut que ça pousse ! » résume Damien.
Parmi les taureaux utilisés au cours des derniers mois, on retrouve des grands noms
de la génétique charolaise comme SUEDOIS, SYDNEY, NIPPUR, SNOOPY, POPULAIR, SISTERON et bien d’autres taureaux encore.
Enfin, le GAEC Vauthier n’est pas en reste non plus
sur les critères de morphologie. L’éleveur estime que la morphologie de son troupeau
progresse bien en s’alourdissant globalement. « Je le remarque surtout sur mes lots
de génisses. Là, ça commence à ressembler à quelque chose » s’enthousiasme
t-il. Amateur de concours, la morphologie de ses animaux répond de plus en plus
aux critères recherchés. Pour preuve l’élevage est parvenu à décrocher plusieurs
titres dont un 1er prix de section au National 2009 et un Prix d’Honneur Femelle
Junior au concours reconnu du HBC Charolais à Rethel, toujours en 2009. « C’est bon
pour l’image de marque de l’élevage de participer aux concours. Et puis c’est une
satisfaction personnelle, on valorise le troupeau ».
Un troupeau qui commence à se diffuser
La valorisation du troupeau passe aussi par la qualité
génétique présente dans les pâtures de l’élevage. Avec le niveau génétique atteint,
l’éleveur commence, petit à petit, à se faire repérer par les acteurs de la filière.
Plusieurs débouchés s’offrent à lui aujourd’hui : schéma de sélection Gènes Diffusion,
vente de génétique, etc… Pour la première fois de son histoire, l’élevage a vendu
cette année une quinzaine de femelles alors qu’auparavant, l’éleveur ne mettait
en vente que des veaux mâles. « Avec la vitesse de croissance que son troupeau a
atteint, il peut se permettre, maintenant, de vendre des femelles » assure
Stéphane THIBAUX.
Damien VAUTHIER est donc à la tête d’un élevage qui a progressé très rapidement,
grâce, entre autres, à l’apport de la génétique. Le jeune éleveur a vite compris
le bénéfice qu’il pouvait en retirer avec, notamment, l’utilisation de l’IA. En
éleveur prudent, il a pris la peine de comparer cette méthode avec la monte naturelle
et a pu constater, de lui-même, ou était son intérêt.
Le GAEC Vauthier en quelques chiffres
133 vêlages dont 122 veaux issus de
taureaux d’insémination
Troupeau inscrit au HBC
Niveau génétique de l’ascendance maternelle
|
INDEX
|
TROUPEAU
|
RACE
|
|
IF Nais
|
100,4
|
101,8
|
|
CR Sevr
|
102,4
|
98,6
|
|
DM
|
97,8
|
98,9
|
|
DS
|
103,4
|
99
|
|
ISEVR
|
101,8
|
98,2
|
|
AVel
|
102,1
|
100,7
|
|
ALait
|
102,6
|
99,9
|
|
IVMAT
|
103,2
|
98,3
|
Source BGTA édité le 12/05/10
Niveau génétique de l’ascendance paternelle
|
INDEX
|
TROUPEAU
|
RACE
|
|
IF Nais
|
98,8
|
99,4
|
|
CR Sevr
|
106,2
|
103,3
|
|
DM
|
100,3
|
101,3
|
|
DS
|
110,3
|
103
|
|
ISEVR
|
107,5
|
104,3
|
|
AVel
|
106,1
|
100,7
|
|
ALait
|
104,7
|
101
|
|
IVMAT
|
109,9
|
104,5
|
Source BGTA édité le 12/05/10
+ 8,1 kg incidence génétique au sevrage
attendue sur la production.
50 % de vaches qualifiées (RR4, RR3).
80 % de taureaux utilisés qualifiés
(Elite, RQM, RVS, testage).
Accouplement d’une vingtaine de Mères
à Taureaux.
Signataire de la charte sans cornes
GENES DIFFUSION et d’un contrat de Testage en Ferme.
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sébastien bonnabaud (04/06/2010) :
Félicitations
Bravo à cet éleveur pour avoir constitué un troupeau de cette qualité en seuleument 10 ans !!!
A noter quand même que le troupeau de base est déjà inscrit et en grande partie isssu de l'IA.
Quelles sont les étapes à franchir pour avoir un troupeau de cette qualité en partant d'un élevage non inscrit issu de monte naturelle comme le mien?