Sylvie Patey, coordinatrice génétique à Gènes Diffusion Optimal
La prise de sang reste le moyen le plus efficace pour diagnostiquer la maladie.
Une sérologie négative est nécessaire pour libérer les doses produites 28 jours avant.
Oedème sur les mamelles.
Source ; Réussir Lait Elevage, Octobre 2006.
Autre symptôme :
le gonflement des membres.
Source ; Réussir Lait Elevage, Octobre 2006.

Rejet des naseaux.
Source ; Réussir Lait Elevage, Octobre 2006.
Ce virus apparaît-il pour la première fois en France ?
Sylvie PATEY : Tout à fait, il n’y a jamais eu de fièvre catarrhale en France…sauf en Corse, ce qui a été sans incidence majeure. Cette fois, en touchant des zones du Nord et de l’Est du pays, les conséquences sont beaucoup plus sérieuses pour la génétique française.
Le Ministère de l’Agriculture a pris cette crise très au sérieux. Pourquoi une telle mobilisation ?
SP : La fièvre catarrhale a des répercussions économiques importantes. Elle induit des diminutions de production laitière, de croissance, etc… Si nous attachons un grand intérêt à cette maladie, c’est parce qu’elle a plus un impact sur l’aspect économique de l’agriculture que sur la santé générale. Ce n’est pas une question de sécurité sanitaire comme on a pu l’avoir avec la vache folle, nous ne sommes pas dans le même registre.
Quelles sont les mesures mises en place ?
SP : Quand un foyer est déclaré - sur la base de recherche sérologique, puis sur la base de recherche du virus lui-même - un périmètre interdit sur une zone de 20 km autour de ce foyer est mis en place. Les entrées et sorties d’animaux vivants et/ou de leurs produits (ovules, semence et embryons) sont impossibles. Ensuite, dans un rayon de 100 km autour du foyer, il y a la zone de protection où les entrées et les sorties sont réglementées. Enfin, un troisième périmètre : la zone de surveillance qui va jusque 150 km autour du foyer.
Est ce qu’il y a des répercussions directes pour Gènes Diffusion ?
SP : En effet, elles existent. Un taureau actuellement en périmètre interdit qui doit entrer dans le schéma Gènes Diffusion Optimal ne peut sortir de l’élevage. Pour l’instant, il n’y a pas de dérogation pour les animaux de haute valeur génétique. Avec l’arrivée de l’hiver et l’abaissement des températures, on espère un assouplissement des mesures de protection. Ainsi, l’entrée de certains taureaux ne sera que différée. Si la situation perdure, on sera amené à demander des dérogations.
Comment la situation peut-elle évoluer ?
SP : Aujourd’hui, nous n’avons pas de réelle visibilité, d’autant plus qu’un nouveau cas est apparu dernièrement dans la Meuse. Une recrudescence des cas aux Pays-Bas et en Allemagne semble également se confirmer. Pour la France, la conséquence principale est la perte du statut de pays indemne de fièvre catarrhale. Ce statut ne sera récupéré que 2 ans après le dernier cas déclaré. D’ici là, les exportations de ruminants vers un nombre important de pays sont bloquées, notamment vers le Maghreb. Pour la semence, il y des restrictions pour certains pays.
La collecte de la semence est-elle perturbée ?
SP : Dès l’apparition de la fièvre catarrhale, nous avons effectué une sérologie sur l’ensemble du cheptel de nos taurelleries de Douai et de Charleville Mézières. Ont été testés les taureaux en production, en station de quarantaine et en lay off pour avoir une idée du statut. Il s’est avéré que 100% du cheptel était négatif en sérologie. A partir du moment où une sérologie est effectuée sur un animal, on peut libérer toutes les doses produites 28 jours avant la date du prélèvement sanguin. Donc, nous réalisons successivement, depuis le 1er août 2006, des tests pour libérer les lots de semence.
Pour permettre la circulation des embryons produits, nous devons faire une prise de sang sur la donneuse pour pouvoir les libérer. La règle des 28 jours est la même pour les donneuses d’embryons que pour les taureaux donneurs de semences.
Sur présentation de ces certificats sanitaires, les embryons et les semences peuvent circuler au-delà des zones réglementées : celle de protection et de surveillance. Aujourd’hui, les taurelleries de Douai et de Charleville sont en zone de protection. Le problème serait grave si nous devions être placés dans un périmètre d’interdiction, c’est à dire, dans la zone d’un élevage déclaré à moins de 20 Km.
Comment lutter contre cette maladie ?
SP : Malheureusement, aujourd’hui, nous n’avons pas de réponse précise. Néanmoins, nous avons mis en place un programme de désinsectisation. C’est le moyen le plus efficace pour combattre la maladie. Il faut lutter contre le vecteur et non contre le virus, sur lequel nous ne pouvons rien faire. Une liste d’insecticides, utilisés pour ce genre de maladie, a été publiée. Pour s’attaquer aux moucherons, il faut traiter les animaux eux-mêmes et les bâtiments, mais également les abords, puisque les larves vont avoir tendance à se développer dans des endroits humides. L’arrière saison très douce que nous avons eue dans le Nord de la France, avec des températures en dehors des normales saisonnières, est aussi propice à la multiplication et à l’éclosion de ces larves. L’arrivée d’un hiver très froid serait l’idéal pour arranger la situation.