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La génétique au service d'une passion
Parce que Marie-Hélène MORHAIN a toujours cru en la sécurité et la performance de
la génétique, elle est entièrement responsable des choix génétiques du troupeau,
et ce depuis son installation avec son époux, Jean-Marie. L'objectif de l’EARL
RETONCHAMP, basée à Voimhaut en Moselle : vivre de leur métier en actionnant des
leviers essentiellement techniques.
En
1991, Marie-Hélène MORHAIN est l’une des premières femmes du département à pouvoir
s’installer. Elle rejoint au sein de l’EARL RETONCHAMP son mari, Jean-Marie, qui
était jusqu’alors en GAEC avec son père. Initialement laitier, l’élevage est devenu
allaitant en 1984 grâce aux primes à la reconversion. « Mes parents élevaient déjà
des vaches allaitantes. A mon installation, je me suis donc naturellement tournée
vers l’atelier allaitant », se souvient Marie-Hélène MORHAIN qui a essentiellement
en charge la gestion du troupeau alors que son époux s’occupe plus particulièrement
des itinéraires culturaux. « Ce qui n’empêche pas de s’entraider l’un l’autre »,
remarque-t-elle.
Un troupeau qui s’est progressivement construit
Le troupeau allaitant qui comptait 45 vaches de race charolaise, dans les années
80, s’est progressivement développé et atteint, aujourd’hui, un effectif de 60 vaches
allaitantes. La surface agricole utile est, elle, de 190 ha comprenant une soixantaine
d’ha en herbe et 130 ha en céréales. L’alimentation du bétail est produite sur place.
L’exploitation
a l’avantage de disposer de plusieurs parcelles attenantes au bâtiment, ce qui facilite
l’engraissement des vaches à l’herbe. La construction en autofinancement d’une stabulation
lumineuse et fonctionnelle a permis de résoudre les problèmes de concentration d’animaux
et d’améliorer la qualité de travail, mais aussi le confort des animaux.
Changer les pratiques routinières
Depuis le départ, le couple a pour volonté de changer les pratiques routinières
en profitant de l’essor de nouvelles techniques, tant en productions végétales qu’en
productions animales. A la recherche de résultats, il est donc à l’écoute des techniciens
qui assurent un suivi dans chaque atelier. « Nous ne sommes pas fermés aux évolutions
et apprécions la mise en place de tests sur l’exploitation », développe
Marie-Hélène MORHAIN. L’exploitation s’est ainsi adaptée à la réduction de la surface
herbagère en augmentant la productivité du cheptel vis-à-vis de l’herbe. « Nous cherchons
à limiter l’occupation des parcs en valorisant une partie de nos génisses en Italie
à l’âge de 14/15 mois et en ayant recours au vêlage 2 ans », illustre l’exploitante
en recherche constante de rentabilité via le développement d’un atelier d’engraissement
de 25 à 30 taurillons.
Aucune césarienne en 2010
Dès le développement du cheptel allaitant, l’EARL, dont les objectifs de sélection
sont axés sur l’amélioration du format, la production laitière et la croissance,
a eu recours à l’insémination en utilisant des doses de, BLASON, CASOAR, CIEL, IMPAIR,
GENK, SUEDOIS, TILL, TOULON… L’IA a permis d’augmenter le poids des carcasses
et d’assurer une meilleure valorisation. « Au final, les animaux sont grands, longs
avec des carcasses importantes », résume Marie-Hélène MORHAIN qui note qu’en
2010, sur 58 vêlages, aucune césarienne n’a été pratiquée, d’où une forte chute
des frais vétérinaires. Ces bons résultats apportent bien la preuve de l’amélioration
des critères « facilité de vêlage » et « qualités maternelles ». Le bon niveau génétique
de l’élevage donne, également, la possibilité aux éleveurs de sortir les taurillons
plus tôt en saison.
Pratiquant le testage en ferme depuis cinq ans,
Marie-Hélène et Jean-Marie MORHAIN ont rapidement participé au schéma de l’Entreprise
de Sélection Gènes Diffusion. En 2008, l’élevage a même décroché un Sabot de Bronze.
« Cette récompense fait de lui le meilleur troupeau de la Moselle en termes d’implication
dans le schéma, et ce pour l’année considérée », commente Christophe CARON,
technicien génétique chez ELITEST et conseiller de l’éleveur. Aujourd’hui, 20% des
femelles du cheptel sont dans les normes des mères à taureaux du schéma Charolais
Optimal. Elles sont retenues pour leurs qualités morphologiques et leur haut niveau
génétique.
VOIMO, champion qualités maternelles
Pourvue
de qualités laitières et morphologiques, Louise est une très belle
vache issue du troupeau qui a marqué l’élevage RETONCHAMP. Fille d’ICARE et de Balise,
elle est la mère d’Ovation. Se révélant être une femelle assez complète, Ovation
a donné le taureau VOIMO (NATUR x DIEGO). Présent au catalogue
Charolais Optimal, il est le champion qualités maternelles 2011. A noter : l’accouplement
Ovation x NATUR a la particularité d’avoir été réalisé par l’éleveur qui a choisi
NATUR pour ses qualités d’élevage et laitières.
Louise est également la mère d’autres vaches toujours présentes dans le troupeau.
Elle a notamment laissé Pâquerette (GENK) qui a décroché un premier prix au concours
régional de Montigny Le Roi (Haute Marne).
Autres femelles marquantes de l’élevage : Idèle et Menthion.
La première, qui est une fille de BLASON, est la mère de Parfaite (GENK), une mère
à taureaux du schéma Gènes Diffusion. Accouplé avec MAGENTA, Idèle a donné le taureau
TENGANIKA qui a été mis en marché « Aptitudes Bouchères » en 2007. Elle est également
la mère de NYBORD (CARDINAL) qui est entré à Montrond-les-Bains, mais n’a pas été
retenu à l’issue du Contrôle Individuel.
Menthion est, quant à elle, une génisse qui a été achetée puis collectée avec CIEL
pour donner Opaline. Cette dernière a produit une femelle par JEZABEL et plusieurs
mâles.
Une activité générant beaucoup de satisfaction
A l’avenir, « nous n’envisageons pas de nous agrandir mais
notre organisation évoluera peut-être avec l’arrivée d’un de nos enfants sur l’exploitation
», prévoit Marie-Hélène MORHAIN. Pour elle, l’élevage a toujours
été considéré comme le parent pauvre de l’agriculture. Et la main d’œuvre reste
le facteur limitant, surtout dans des zones où l’élevage se raréfie. « La gestion
d’un troupeau nécessite certes une charge de travail importante, mais lorsque les
résultats sont là, elle génère beaucoup de satisfaction », tempère-t-elle.
Dans ce secteur, les leviers à actionner sont moins importants, d’où la nécessité
de rester pointus techniquement et d’accorder de l’importance à la surveillance
et au suivi du cheptel.
De son côté, la recherche dans le domaine de la sélection génomique est en train
de contribuer à l’amélioration de la fiabilité des critères secondaires. « Pour les
éleveurs à la recherche d’animaux productifs et faciles à conduire, cela devrait
générer un gain de temps non négligeable sur certains postes comme le vêlage ou
encore la tétée des veaux… », espère-t-elle.
L'EARL Retonchamp en chiffres
SAU
190 ha (60 ha en herbe et 130 ha en
céréales)
Troupeau
60 vaches allaitantes et atelier d’engraissement
de 25 à 30 taurillons
IFNAIS : 102,2 contre 101,8 (moyenne
de la race)
DSSEV : 103 contre 99 (moyenne de la
race)
ALAIT : 106,7 contre 99,9 (moyenne de
la race)
IVMAT : 105,6. Il est largement supérieur
au niveau génétique moyen de la race
Mortalité des veaux naissance/3 jours
: 2 contre 2,3 (moyenne régionale)
% de mortalité entre la naissance et
3 jours : 3,1 contre 5,6 (moyenne régionale)
% de mortalité entre 4 et 90 jours :
1,6 contre 4,2 (moyenne régionale)
IVV : 381,8 jours contre 399 jours (moyenne
régionale)
Nombre de veaux vivants à 210 jours/nombre
moyen de vaches : 0,97 contre 0,86 (moyenne régionale)
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Nath (04/02/2011)
Remarque index charolais
Bonjour, pour moi le facteur docilité devrait être un critère
pris en considération et aussi déterminant que l'aptitude au vêlage.
Second point, nous pouvons constater sur les index d'aptitude maternelle un manque
de cohérence entre l’indexation station/ferme. Exemple : LORSINI IVEL
113, AVEL 89.
A terme il n'y aura plus que de l'AVEL. Sera t-il l'index le plus juste ? Hormis
ces quelques points à ajuster, on peut constater une nette amélioration
du niveau génétique des utilisateurs Gènes Diffusion.
Patrick REVERSE (07/02/2011)
Re: Remarque index charolais
- Nous pensons aussi que la docilité est un critère très important
dans la conduite des troupeaux qui s'agrandissent. Le projet d'enregistrement de
nouveaux caractères appelé "Vache / Veau", initié
par Gènes Diffusion l'automne dernier, va dans ce sens. En effet, ce projet
Vache / Veau prévoit l'indexation génomique des caractères
de comportement (maternel, docilité...) ainsi que des caractères de
santé du veau.
- L'aptitude au vêlage est différente selon son évaluation en
ferme (IVEL) ou en station (AVel).
- En station (Agonges), l'IVEL prend en compte l'ouverture pelvienne (36%), le
poids après vêlage (44%), le poids naissance des veaux (25%), le %
de vêlages difficiles (14%) et la préparation au vêlage (5%).
Ce calcul fait abstraction du niveau génétique des mères des
femelles contrôlées. La base de référence est constituée
des 5 dernières séries évaluées à la station
d'Agonges. La précision est intermédiaire avec un CD moyen de 0,55
et qui n'évolue pas dans le temps.
- En ferme, l'AVel prend en compte 100% des effets maternels des conditions de
naissance. Pour les taureaux testés sur descendance la précision moyenne
est élevée avec un CD moyen de 0,85 et qui augmente avec le nombre
de filles vêlées pour atteindre un CD maximum de 0,99 pour les taureaux
de service (LORSINI, MAGENTA, POPULAIR.......). La base de référence
est raciale avec les informations de toutes les filles de taureaux ayant vêlé
dans un troupeau-campagne connecté.
- La corrélation entre ces 2 index est de 0,54.
En résumé si l'IVEL était très informatif sur l'ouverture
pelvienne (mesure impossible à réaliser sur toutes les femelles charolaises
des élevages au Contrôle de Performances), l'AVel s'avère plus
précis sur les conditions réelles de vêlage en élevage
et surtout évolutif dans sa précision.
L'AVel permet de bien situer l'aptitude au vêlage par rapport au niveau moyen
de la race charolaise.
Pour un taureau comme LORSINI, l'AVel est plus précis que l'IVEL bien qu'il
soit utilisé uniquement sur génisses pour lesquelles les éleveurs
appréhendent les conditions de naissance.
Pour la plupart des taureaux, l'IVEL et l'AVel sont assez proches.
Après 2011, année de la fermeture de la station d'Agonges, seul l'AVel
des taureaux sera diffusé sous forme d'index.