La semence sexée, facteur de réussite génétique

Gestion pertinente du troupeau, fertilité excellente, bonne utilisation de la génétique, vêlages faciles pour l’ensemble des animaux et…grand utilisateur de la semence sexée. Si l’EARL de la Mainferme reste un « petit » troupeau, sa maîtrise prouve qu’Olivier Camu a compris l’intérêt des outils modernes de gestion de troupeau. Son utilisation de la semence sexée démontre que l’investissement mérite d’être tenté car les résultats sont au rendez-vous. Zoom sur un élevage qui affiche, aujourd’hui, un bilan génétique supérieur aux moyennes de la race.

Olivier et Baptiste Camu génèrent à eux deux 1,2 UTHExercer pendant dix ans le métier de technicien agricole dans une coopérative légumière a permis à Olivier Camu d’acquérir une certaine ouverture d’esprit. « C’est toujours enrichissant de découvrir un autre secteur », explique l’éleveur à la tête d’un troupeau de 46 charolaises sur 190 hectares. Installé depuis dix-huit ans, Olivier Camu est, aujourd’hui, associé sur l’EARL de la Mainferme à Rozoy-sur-Serre (02) avec son fils Baptiste qui a pour objectif de reprendre, un jour, l’exploitation familiale.

100% des femelles inséminées

« La génétique est un des outils qui permet de faire progresser un troupeau », souligne l’éleveur qui s’est tourné vers l’insémination artificielle et la pesée des animaux il y a dix ans, et le testage il y a six ans. Depuis trois ans, c’est même la totalité des femelles qui est inséminée. 46 vêlages sont attendus, pour la campagne 2012/2013, avec l’objectif d’atteindre rapidement les 60 vêlages.

Inverser la tendance avec la semence sexée

La totalité des femelles qui débutent un premier cycle est, aujourd’hui, inséminée avec de la semence sexéeSubissant un sex-ratio largement déséquilibré en faveur des femelles (jusqu’à sept femelles pour trois mâles) et ayant un taux de réussite à l’insémination très élevé avec la semence conventionnelle, Olivier Camu et son fils se sont, sans hésitation, tournés vers l’utilisation de doses sexées, il y a deux ans. La totalité des femelles qui débutent un premier cycle est, aujourd’hui, inséminée avec de la semence sexée. A noter que les femelles pour lesquelles l’insémination a échoué ou pour lesquelles le cycle est décalé sont inséminées avec de la semence conventionnelle type élevage ou de la semence de taureaux de testage en ferme. En utilisant des doses sexées mâles, ils ont pour ambition d’inverser la tendance et de produire plus de mâles valorisables sous forme de broutards. « Les mâles ont l’avantage d’être rapidement vendus à des engraisseurs, à l’âge de 7,5 ou 8 mois à environ 370 kg de poids vif », chiffrent-ils. Cela permet, ainsi, d’élever moins de femelles, et donc de désengorger les bâtiments et les pâtures, et de réduire la charge de travail. A contrario, les meilleures vaches du troupeau sont inséminées avec de la semence femelle qui permet d'atteindre le taux de 27% de renouvellement du troupeau (9 génisses qui vêlent par an). L’emploi de la semence sexée mâle et femelle leur a donné, de cette manière, la possibilité d’atteindre leurs objectifs d’éleveurs. « Le surcoût de la dose sexée est largement compensé par la plus value obtenue avec la vente des broutards supplémentaires », estiment-ils.

La prépondérance du critère économique

Olivier et Baptiste Camu ont le souci permanent d’améliorer le cheptel en respectant leurs objectifs de sélection. Le critère économique étant pour eux prépondérant, pour inséminer leur troupeau, ils utilisent des taureaux complets et faciles à vivre qui ont de bons résultats sur l’ensemble des postes Depuis trois ans, c'est la totalité des femelles qui est inséminée(lait, aptitude au vêlage, fertilité, développement squelettique des génisses), avec un ISEVR (synthèse servage) supérieur à 100.

Dans leur plan d’accouplement réalisé depuis deux ans avec l’aide du logiciel Génitor, les associés qui ne veulent pas de vêlages difficiles excluent, de façon catégorique, le gène culard. Plus de 75% des vêlages se situent entre août et octobre. Cela leur permet, d‘une part, de produire des veaux d’automne plus faciles à vivre lors de la période hivernale et, d’autre part, de vendre des broutards en juin, une période qui a longtemps été plus propice à la vente de jeunes bovins.

Index : comparaison de la moyenne du troupeau avec la moyenne nationale de la race

  Moyenne troupeau Moyenne nationale de la race
Index Valeur Maternelle (IVMAT) 103,8 98,4
Intervalle Vêlage Vêlage 366 jours 385 jours
Mortalité 0 9,6%
Index Production de Broutards (ISEVR Veaux) 107,3 101,6
Poids 210 jours 337 kg 294 kg

L'EARL de la Mainferme : repères techniques

- Troupeau charolais : 46 vêlages ; âge au vêlage : 3 ans
- SAU : 190 hectares dont 70 ha d’herbe, 120 ha de blé, escourgeon, maïs grain, colza
- MO : 1,2 UTH dont 0,2 UTH apporté par Baptiste Camu qui est parallèlement spécialisé dans la vidéosurveillance en bâtiment d’élevage.

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Etude économique sur l'impact de la semence sexée

Depuis 2009, Gènes Diffusion a mis en place une offre de reproducteurs disponibles en semence sexée mâle ou femelle. En utilisant de la semence sexée femelle, les éleveurs ont ainsi la possibilité d’agir sur le nombre et la qualité de génisses obtenues dans le but d’assurer leur renouvellement, ou de générer une meilleure valorisation du produit viande par le recours à la semence sexée mâle.

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