Le fonctionnement d’un CIA chinois

Arnaud BARANGER et Martine BROUWER ont eu la chance de pouvoir visiter le Shanghaï Dairy Breeding Center. En Chine, le développement de la production laitière va vite. En 10 ans, la production nationale a quadruplé. La soif de lait est toujours plus grande. Le besoin de vaches laitières, de bonnes vaches laitières est donc essentiel. Les Centres d’Insémination Artificielle (CIA) modernisent leurs infrastructures à grande vitesse. Laissons les nous liver leurs impressions.

Ultra Moderne

Bâtiment du Shanghaï Dairy Breeding CenterNous sommes impressionnés par le Shanghaï Dairy Breeding Center situé dans la banlieue de Shanghaï. Le bâtiment futuriste contient de nombreux bureaux, des stalles de montes équipées et un laboratoire moderne. A l’arrière, se trouvent les étables des taureaux, également pourvues des dernières technologies. Au total, il y a 180 taureaux en production, dont 30 sont confirmés et les autres en testage.

Plus de 180 taureaux sont hébérgés dans ces installationsMais ces installations qui n’ont que 7 ans vont être détruites l’année prochaine, faute à la pression urbaine, et reconstruites à une cinquantaine de km de là !

En 2009, le Shanghaï Dairy Breeding Center a vendu 2,5 millions de paillettes. Il faut savoir que le gouvernement subventionne l’utilisation des taureaux testés à hauteur de 1 €. Sachant que le prix moyen d’une paillette est de 1,60 €, cette subvention est non négligeable. Les meilleurs taureaux coûtent 8 €.

Holsteinisation

La salle de montePour satisfaire la demande, la Chine a besoin de vaches. A l’origine, c’étaient les races « jaunes », le buffle et le yak qui dominaient dans le paysage chinois. Elles produisaient le nécessaire pour l’autoconsommation du propriétaire. Depuis, pour la production des grands élevages, c’est la race Holstein qui Tout le centre d'insemination est sous video surveillancea pris la relève. En 2009, la Chine a importé 50 000 vaches laitières, principalement en provenance de l’Australie. Dans les CIA certifiés, on trouve surtout des taureaux de race Holstein. La plupart de ces taureaux, souvent importés comme embryons, proviennent des Etats Unis et du Canada. La quasi totalité des élevages chinois ont recours à l’insémination artificielle.

De l’ouverture

Préparation des paillettesDepuis 2003, Shanghaï Dairy Breeding Center travaille en étroite collaboration avec Gènes Diffusion. La raison ? « Ici, on porte de plus en plus attention à la composition du lait. La France a une bonne réputation au niveau de la qualité fromagère », explique Junmin Zhang, directeur général du Shanghaï Dairy Breeding Center. Junmin ne veut pas seulement importer de la semence. « Les premiers embryons français sont actuellement implantés sur des vaches porteuses chinoises » dit-il fièrement. Il veut tester Les laborantins du Shanghaï Dairy Breeding Centerles taureaux issus de ces embryons. « A côté de la génétique américaine et canadienne, il y a de la demande et de la place pour celle de Gènes Diffusion ». Il y a surtout, dans le sud du pays, un marché pour de meilleurs taureaux et les éleveurs sont prêts à payer un prix plus élevé pour des taureaux de qualité.

La génomique

« La France est en avance sur la génomique » confie Junmin. Des prélèvements d’une vingtaine de taureaux chinois ont été envoyés en France pour analyse. « Comme le contrôle sur descendance est actuellement très aléatoire en Chine, l’alternative offerte par la génomique représente un véritable atout pour nous aujourd’hui ».

Les difficultés

De gauche a droite : Gao Hongbin de Shanghaï Bright, partenaire de Gènes Diffusion, Chen Youliang de Gènes Diffusion China, Arnaud, Martine, Junmin Zhang, responsable du Shanghaï Dairy Brending CenterShanghaï Dairy Breeding Centre est une filiale de Shanghaï Bright, entreprise côtée en bourse dont 70% des parts sont détenues par le gouvernement. C’est également la troisième laiterie de Chine. De ce point de vue, Shanghai Bright a tout intérêt à mettre en place un contrôle de performances efficace. C’est cependant une tâche ardue car, à ce jour, seulement 3 % des vaches laitières sont enregistrées au contrôle laitier. Ce manque d’information sur la descendance complique le travail du manager: « J’ai toujours peur de tuer un bon taureau » nous confie-t-il. « Nous manquons de données quantitatives et qualitatives ». Quantitatives, par le faible nombre d’animaux enregistrés au Contrôle Laitier et qualitatives, car la pesée est réalisée par l’éleveur lui-même, ce qui pénalise la fiabilité des résultats. Aujourd’hui, la mise en place d’un contrôle laitier performant est sur la liste des priorités du gouvernement chinois.

 

 

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Gènes Diffusion est partenaire du projet « Le Lait Autour du Monde », mené par Arnaud BARANGER et Martine BROUWER, consistant en un tour du monde à vélo sur la thématique de la production laitière.

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