Une autre façon d’utiliser la génétique

A la tête d’un troupeau de 400 vaches charolaises et d’une entreprise de travaux publics à Saint-Etienne de Vicq (03), Pascal GIRAUD est un homme pressé pour qui le temps est sacré. A ce titre, la manière dont il gère son élevage est en adéquation avec les « contraintes » de son emploi du temps : rapide et efficace. L’éleveur a ainsi fait le choix de n’utiliser qu’un seul taureau pour inséminer l’intégralité de ses génisses et de recourir à une technique de reproduction qui répond parfaitement à ses exigences : la synchronisation des chaleurs. Cette réussite est aussi le fruit de la relation de confiance qu’il entretient avec Coopel, sa coopérative.

 

Installé depuis 1993, Pascal GIRAUD conduit le GAEC des Landes avec 2 associés et ses 3 salariés. Accaparé par l’activité grandissante de son entreprise de travaux Pascal GIRAUDpublics, l’éleveur n’en oublie pas pour autant les 400 charolaises qui constituent son troupeau.

Adepte de l’IA sur ses 70 génisses, Pascal GIRAUD cherche avant tout à produire des vaches de type « élevage ». Ses objectifs de sélection se tournent donc naturellement vers le développement squelettique, l’aptitude au vêlage et la facilité de naissance. « De manière générale, je cherche du bassin pour l’élevage » précise l’éleveur. CASOAR, HABIT, JEZABEL, OSTANI, PRESLEY et aujourd’hui VOIMO sont, parmi tant d’autres, les taureaux les plus utilisés dans l’élevage. « VOIMO est certainement le meilleur taureau sur génisses que l’on ait eu » avoue t-il. A noter que sur la cinquantaine de vêlages qu’il doit réaliser chaque année, plus de la moitié se font « sans aide ».

 

 

Au niveau reproduction, le système mis en place est le suivant. A chaque début de campagne, l’éleveur et Serge PERRET, l’inséminateur attitré de l’élevage depuis de nombreuses années, décident du seul et unique taureau qu’ils vont utiliser sur le lot de génisses de l’année. « C’est comme une petite station d’Agonges ici » résume Vincent COLAS, technicien Charolais du schéma de sélection Charolais Optimal.

Pourquoi un seul taureau ?

« N’utiliser qu’un seul taureau permet de mieux mesurer son impact génétique sur les génisses. Si un taureau répond bien ou pas à nos objectifs, on le voit rapidement et s’il n’est pas entièrement satisfaisant, on change l’année suivante » argumentent, de concert, l’éleveur et l’inséminateur. A l’opposé, il est tout à fait possible qu’un même taureau soit utilisé plusieurs années de suite. C’est d’ailleurs le cas de VOIMO qui va être sollicité pour la 3ème année consécutive. Pour autant, il ne représente qu’à peine 5% des origines du troupeau. « Au grand maximum, un taureau ne doit pas peser plus de 10% des origines ni être utilisé plus de 3 ans au maximum pour éviter les risques de consanguinité » concède Serge PERRET.

Pour grouper les IA…et les vêlages, l’éleveur et l’inséminateur pratiquent la synchronisation des chaleurs. Cela répond, notamment, à une problématique d’organisation du chantier d’IA. « Quand vous avez un lot complet de génisses à inséminer, la synchro est nettement plus pratique pour moi » insiste l’inséminateur qui planifie son intervention pour inséminer les génisses en une seule fois. « La synchro permet de faciliter le travail de tout le monde » souligne l’éleveur. Les bâtiments du GAEC des LandesEn regroupant les IA, les vêlages se trouvent ainsi concentrés sur un laps de temps beaucoup plus précis et relativement court, permettant à l’éleveur d’organiser son temps en conséquence. « Par rapport à la gestion du temps de travail, le mode de conduite génétique est cohérent » admet Vincent COLAS. D’un point de vue purement statistique, le chantier d’IA avoisine les 65% de réussite à l’IAP. Et concernant les retours, « seules les génisses qui manifestent des grandes chaleurs ont le droit à une 2ème IA et toujours avec le même taureau » explique Pascal GIRAUD.

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