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GAEC de l’Aumône : faire de la qualité simplement
Installé sur le site d’une ancienne ferme d’un monastère proche de l’élevage à Moutiers
Saint-Jean, en Côte d’Or, le GAEC de l’Aumône est une des plus célèbres exploitations
françaises. Incontournable dans le paysage génétique français, l’élevage est à l’origine
d’un grand nombre de taureaux Holstein entrés dans le catalogue Gènes Diffusion,
entre autres. N°1 français en ISU, le GAEC de l’Aumône reste un élevage déconcertant
de simplicité. Géré par les frères Challan Belval depuis de nombreuses années, ils
consacrent néanmoins beaucoup d’énergie à ses différents troupeaux. Visite dans
l’un des plus performants élevages laitiers de l’hexagone, situé au cœur du pays…Charolais.
C’est en 1946 qu’Antoine Challan Belval commença
l’aventure de ce qui constitue aujourd’hui l’un des plus beaux troupeaux Holstein
français. Et l’histoire retiendra que tout a débuté à partir d’un élevage…de simmental
! Race qui existe toujours dans l’élevage puisque le GAEC de l’Aumône est également
n°1 en ISU en simmental. Après une brève tentative, dans les années 70, en race
montbéliarde, les frères Challan Belval ont opté pour la Holstein dans les années
80.
Ce choix coïncide avec un changement de cap lié à l’installation d’une nouvelle
salle de traite en 1986. L’arrivée de ce matériel flambant neuf démarre pourtant
laborieusement. Les vaches adultes (simmental) de l’époque s’acclimatent mal dans
la nouvelle salle de traite et accusent rapidement une baisse de production. Constat
qui a poussé les frères Challan Belval à travailler leurs meilleures simmental en
race pure et, surtout, à faire le pas vers la Holstein. Pour le coup, 10 génisses
« noires » intègrent le troupeau. « Ces Holstein, arrivées en dépannage, se sont
finalement imposées presque naturellement » racontaient les frères Challan
Belval à PLM en mai 2008.
Les 10 génisses ont vite laissé la place à d’illustres représentantes de la race
Holstein, permettant ainsi d’entrer de plein pied dans la génétique Holstein de
haut niveau. En y regardant de plus près, le GAEC de l’Aumône a cela de formidable
qu’actuellement, le troupeau est constitué d’au moins 8 souches Holstein de très
grande qualité. Parmi ces illustres familles, plusieurs ont donné de formidables
taureaux au schéma de sélection Gènes Diffusion.
Des familles au niveau laitier marqué
Parmi les dernières nouveautés issues du GAEC de
l’Aumône, nous retrouvons le taureau VIDOCQ, un fils de TEAMSTER sur R MARSHALL. L’origine de
la souche VIDOCQ remonte à une génisse achetée par les frères Challan Belval en
1993 lors d’une vente aux enchères organisée par le CIA de Norges. François et André
Challan Belval repartent avec Ilote, une génisse (issue d’un embryon américain)
au pedigree séduisant : MASCOT sur la célèbre MATRON une EX 93 ROYALTY à 20 000
kg de lait en 305 jours x MARS MARCY TONY. D’ailleurs, Ilote (EX 93) demeure le
premier investissement de l’élevage dans la génétique Holstein de haut niveau.
Flairant le « bon coup génétique », les frères Challan
Belval collectent Ilote avec certains des plus grands taureaux Holstein de l’époque
dont DOMBINATOR, CELCIUS, GIBBON, CASH ou RUDOLPH. L’accouplement avec CELCIUS donnera,
entre autres, une autre grande laitière marquante du troupeau : Luciole TB89. Elle
mettra au monde Nuptiale TB 88 (ESENTATION), elle-même donnant naissance à la grand-mère
maternelle de VIDOCQ : Prune EX91 (HAIRYBREIZ). Grande laitière également, Prune
affichait plus de 18 374 Kg de lait pour sa 3ème lactation dont le meilleur contrôle
à atteint 80,4 kg ! « C’est un rameau qui a donné beaucoup de précocité laitière
sur au moins 10 générations ! » précise René Challan Belval. A l’image,
notamment, de Luciole et Prune, VIDOCQ « confirme la souche laitière de sa famille
maternelle » précise David COUHARD, relais Holstein du schéma Gènes Diffusion.
« C’est une famille qui a une très grande capacité laitière » renchérit Thierry
LAPOSTOLET, technicien génétique Holstein à Coop Evolia.
Le lait est de toute façon l’un des objectifs principaux de l’élevage. « Une vache
qui ne donne pas de lait n’a pas sa place chez nous » prévient François
Challan Belval, le plus ancien des frères.
Remarlinda, la meilleure JOCKO BESN
Née en avril 2000, Remarlinda est issue d’une femelle
(Nadia) achetée lors de la vente « capitale » de 1999, organisée par l’UPRA Holstein
pendant le SIA de Paris. « Remarlinda EX90 a été nominée pour la meilleure vache
de l’année dans le magasine Holstein International. Elle était probablement l’une
des meilleures JOCKO et en plus, c’était une JOCKO qui donnait beaucoup d’embryons
» précise René Challan Belval. Elle a, en effet, produit plus de 120 bons
embryons pendant sa carrière de reproductrice. Des embryons qui ont séduit beaucoup
d’acheteurs, même à l’étranger. « Les Hollandais et les Allemands étaient satisfaits
des produits qu’elle a engendrés » ajoute René. « C’est une souche où chaque
acheteur a retrouvé son investissement » précise David COUHARD.
De ces nombreux accouplements Remarlinda a généré
un grand nombre de reproducteurs. Ses petits fils se sont fait remarquer dans le
schéma de sélection Gènes Diffusion. Il lui doit déjà 3 Premium, BERNAC, COPACABANA, BUBASTIS, ou des taureaux de Pack plus anonymes comme
DIDAN, pourtant père à taureaux, ou DANUBE (tous nés dans l’élevage). « L’arrivée
de
la génomique a permis de faire briller cette famille
sur les deux dernières générations » indique David COUHARD. Plus d’une douzaine
de petits-fils ont été génotypés par Gènes Diffusion pour son programme génomique.
La souche Remarlinda est la souche majeure du GAEC de l’Aumône puisque les descendantes
de la célèbre vache constituent presque 35% du troupeau actuel. C’est une souche
qui donne beaucoup de lait bien sûr, avec des taux, des bonnes mamelles et de bonnes
pattes. « Globalement, la lignée fait des femelles avec une très bonne solidité générale
» résume Thierry LAPOSTOLET.
Un troupeau avec une réserve génétique « énorme »
Chaque souche de l’élevage mériterait que l’on s’y
intéresse et que l’on en parle. Parmi elles, nous pourrions citer la célèbre souche
Naurine qui a donné VAUCLUSE et, récemment, UMANCE à Gènes Diffusion. Cette même souche a permis
d’engendrer la vache Biguine TB85 (Mascol x Taurie x Hershel x Naurine x Gibbon),
récemment achetée lors de la vente aux enchères d’Eurogénétique en 2007. « Depuis,
elle a produit 10 veaux : 1 mâle et 9 femelles avec 5 taureaux différents ! »
détaille André Challan Belval.
Avec un tel réservoir génétique, chacun peut s’interroger sur la manière dont les
frères Challan Belval mènent leurs accouplements. « Notre façon de faire est relativement
simple : nous mettons de l’ISU sur de l’ISU sur de l’ISU en combinant au mieux les
autres caractéristiques. La difficulté est de ne pas sortir de ce schéma »
explique René. Autrement dit, le GAEC travaille
sur le cumul de pères à taureaux. « A chaque nouvelle sortie d’index, ils me demandent
toujours la liste des nouveaux pères à taureaux et ils ne s’intéressent qu’à cette
partie de l’offre génétique » renchérit Thierry LAPOSTOLET
qui aide les 3 frères dans l’analyse des choix
d’accouplement. Pour atteindre un tel niveau, l’élevage mise également sur la nouveauté
en rentrant, en moyenne chaque année, une nouvelle souche Holstein dans le troupeau.
Sur la dernière campagne d’accouplements, nous retrouvons des taureaux comme COLDFRIEND RF, THILLOT, VAUCLUSE, BERNAC, COPACABANA ou DIDAN.
Et cela marche ! Même au niveau de la morphologie, puisque la moyenne du dernier
pointage du troupeau est de 85.7 points avec 2 primipares à 88 points et 5 autres
à 87 points.
Un élevage comme les autres … mais différent
Quand on arrive à proximité du GAEC de l’Aumône,
rien n’indique au visiteur qu’il se trouve près de l’un des meilleurs élevages français,
n°1 en ISU sur deux races laitières à la fois. Rien ne transparait de cet élevage
qui, de l’extérieur, ressemble à s’y méprendre à n’importe quel élevage laitier.
Oui mais voilà, l’histoire et l’état d’esprit du GAEC de l’Aumône viennent probablement
de sa situation : situé au cœur du pays du Charolais, la famille Challan Belval
a toujours montré sa passion pour les races laitières et pour la sélection. Du père
aux 3 frères, la passion des vaches et
de la génétique a toujours poussé les éleveurs à
réfléchir autrement la sélection, et à s’y tenir ! Aidés en cela par Coop Evolia,
leur coopérative d’IA, avec laquelle ils nourrissent une profonde relation de confiance,
les 3 frères ont su garder une approche génétique simple mais efficace. Même climat
de confiance avec Gènes Diffusion qui puise régulièrement dans l’élevage pour son
« sourcing » génétique. « Malgré le succès de leur troupeau, ce sont des éleveurs
qui ont toujours su garder la tête froide » constate Thierry LAPOSTOLET
de Coop Evolia. Rester simple, voilà peut-être la recette du succès...
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