De nos jours, le croisement allaitant s'impose comme une solution efficace pour dégager davantage de revenu en élevage laitier, que ce soit avec la production de jeunes bovins ou de veaux de boucherie. Second témoignage avec le Gaec de la Hautefeuille, orienté vers la production de jeunes bovins.
Gaec de la Hautefeuille : « Produire des veaux croisés pour aller au bout de notre raisonnement »
Accompagné par la coopérative Gènes Diffusion, le Gaec de la Hautefeuille (Erquinghem-Lys-59) a fait le choix, il y a 8 ans, de mettre en place une stratégie de reproduction qui combine l'utilisation généralisée du génotypage, le recours à la semence sexée sur les meilleures femelles Holstein et le croisement en race charolaise sur le reste du troupeau.

100% des animaux génotypés
Le génotypage de 100% des animaux offre la possibilité aux éleveurs d’affiner précisément le tri des femelles :
- 60% des génisses (celles avec un ISU supérieur à 170) et 30% des meilleures vaches sont accouplées en semence sexée
- 40% des génisses sont accouplées avec de la semence conventionnelle
- 70% des vaches sont croisées avec la race charolaise.
« Sur les 160 vêlages, 55% sont issus d’un accouplement en race holstein – ce qui représente 85% des femelles du troupeau- et 45% issus du croisement avec la race charolaise », confirme Mickaël Fievet, responsable de marché bovin à la coopérative Gènes Diffusion.
Les associés viennent d’ailleurs de recevoir la pince à cartilage qui va simplifier la démarche en leur permettant de prélever eux-mêmes les veaux à la naissance, en même temps que le bouclage.
Le croisement pleinement intégré dans la stratégie
Il y a maintenant 5 ans, Vincent Wattelle et ses associés, Marc et Thomas, se sont tournés vers la race charolaise, pour produire des veaux croisés de 3 semaines avec les vaches non sélectionnées pour le renouvellement du troupeau.
La race charolaise, pour Vincent Wattelle, « produit une semence fertile et permet de donner naissance à des animaux vigoureux dès la naissance ».
Avec cette race, il a pour objectif de produire des veaux de gabarit raisonnable, avec l’objectif de préserver la mère pour qu’elle démarre correctement son début de lactation. Dans son plan d’accouplement réalisé deux fois par an avec le logiciel OptiGen, l’éleveur utilise des taureaux charolais VBF "veaux de boucherie en ferme" et accorde beaucoup d’importance à l’index IFNAIS, Facilités de Naissance. Les 2 taureaux les plus utilisés sont NOREL (Facilité de Naissance 111 et Aptitude Veaux de Boucherie 104) et NEUTRON (Facilité de Naissance 118 et Aptitude Veaux de Boucherie 102).
Les résultats sont encourageants puisque sur les 70 vêlages issus de croisement, seulement 8 ont nécessité une intervention.
La société "Les Commerçants Réunis" basée à Gouy-Saint-André (62) et spécialisée dans le commerce d’animaux vivants est, selon Vincent Wattelle, tout à fait satisfaite de la conformation de ces veaux croisés. « Sans compter que le bénéfice généré par un veau croisé est 2 fois supérieur à un veau holstein », souligne l’éleveur.
« Et pourquoi pas demain pousser encore plus loin la stratégie d’accouplement en utilisant de la semence charolaise sexée mâle dans le cadre du croisement ? », imagine–t-il.
Repères techniques
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