De nos jours, le croisement allaitant s'impose comme une solution efficace pour dégager davantage de revenu en élevage laitier, que ce soit avec la production de jeunes bovins ou de veaux de boucherie. Premier témoignage avec le Gaec du Champ Bleu, orienté vers la production de jeunes bovins.
Gaec du Champ Bleu : « L'engraissement de jeunes bovins croisés pour booster le revenu »
Malgré l’inflation et l’augmentation du prix du lait, Francis Milleville et Olivier Fauvarque sont convaincus que l'atelier d’engraissement qu’ils ont développé représente une belle opportunité en complément de la production laitière.
Dans un secteur géographique où deux tiers des éleveurs ont recours au croisement, le Gaec du Champ Bleu (Comines - 59) piloté par Francis Milleville et Olivier Fauvarque a pour premier objectif de produire du lait. Ces deux éleveurs sont portés par la dynamique laitière régionale en place.

De gauche à droite, Francis Milleville, Olivier Fauvarque et Jean-Paul Vandelannoitte
D’abord produire du lait
« Nous sommes avant tout des producteurs laitiers et cherchons à faire vieillir les vaches du troupeau en sélectionnant les critères de longévité, qualité des membres, vêlage facile, et santé de la mamelle », expliquent les deux éleveurs. Pour autant, ils ont fait le pas, il y a cinq ans, d’entrer dans une démarche de production de jeunes bovins croisés charolais afin d'apporter un revenu supplémentaire au Gaec. Pour eux, les animaux croisés avec la race Charolaise présentent de meilleures facilités de naissance, davantage de précocité en matière de finition, de meilleures performances de croissance, ce qui facilite la constitution de lots homogènes.
Après avoir fait naître les 25 génisses Holstein nécessaires au renouvellement du troupeau, les éleveurs valorisent les 75 autres animaux dans l’atelier d’engraissement situé à Wambrechies (59). Le bâtiment utilisé a l’avantage d’être amorti depuis de nombreuses années.
En plus de 25 taurillons Holstein, les deux associés produisent annuellement sur leur exploitation 25 jeunes bovins femelles croisées âgées de 18 à 20 mois dénommées "babynettes" pour la filière Prim’herbe (Carrefour) et 25 taurillons croisés de 20 mois pour la filière Opti Pacte (groupe Bigard). « Deux filières reposant sur un cahier des charges construit dans l’intérêt de l’éleveur et du chevilleur », se réjouit Jean-Paul Vandelannoitte, technico-commercial chez Cévinor. La société coopérative agricole d’Avesnes-sur-Helpe a tissé, au fil des années, un étroit partenariat avec le Gaec du Champ Bleu.
Une valorisation dans des filières adaptées
« En produisant une carcasse jeune, Francis Milleville et Olivier Fauvarque optimisent en fait le croisement », commente Jean-Paul Vandelannoitte. Le croisement permet, selon lui, d’obtenir des animaux qui atteignent très vite leur finition. La précocité de la race charolaise permet d’obtenir une note d’état à l’engraissement comprise entre 3,5 et 4 (*) à 20 mois, ce qui permet de gagner une année d’engraissement.
Par ailleurs, les femelles issues du croisement charolais ont une conformation adaptée au marché. Le poids moyen de carcasse des génisses de 18/20 mois est de 330 kg. « Ce petit poids de carcasse est idéal pour des achats à la carte avec des conditionnements de 1 ou 2 steaks », note le représentant de Cévinor. Quant aux mâles issus du croisement charolais, ils ont un poids plus lourd. Le poids moyen de carcasse des jeunes bovins de 20/22 mois est de 400 kg, soit un écart de 80 à 100 kg en comparaison à une vache holstein au même âge. « C’est bien la différence de poids qui fait la plus-value », soulignent les éleveurs.
| POIDS CARCASSE | COMPARAISON AVEC UNE VACHE HOLSTEIN AU MEME AGE |
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| Jeunes bovins 20/22 mois |
400 kg | Ecart de 80 à 100 kg |
Concrètement, sur l’exploitation, l’écart de prix moyen entre les taurillons croisés en race charolaise et les taurillons laitiers âgés de 20 mois s'élève à 269 euros. La preuve encore que l’activité d’engraissement a toute sa place en complément de la production laitière.
(*) La classe 1 correspond à un animal très maigre et la classe 5 à un animal très gras.
Un plan d’accouplement à la carte
Dans leur plan d’accouplement, Francis Milleville et Olivier Fauvarque sont accompagnés par Antoine Delannoy (en photo) et Louis Calvet, techniciens-inséminateurs à la coopérative Gènes Diffusion. Une moitié du troupeau étant accouplée avec de la semence de race Holstein en vue du renouvellement, l’autre moitié est croisée avec de la semence de race Charolaise. Cela a, pour eux, l’avantage d’accentuer la pression de sélection au niveau de l’atelier lait, car une femelle qui ne convient pas est croisée avec un taureau charolais. Dans le choix des taureaux charolais utilisés en croisement, les éleveurs font attention aux facilités de naissance pour préserver les femelles, ainsi qu’à la croissance. Ils se tournent donc vers des taureaux de croisement de type Primcros P, Untel et Niagara. Et les résultats ne se sont pas faits attendre puisque sur les 30 vêlages de la précédente campagne, un seul a nécessité une césarienne. Le reste des vêlages a été effectué sans aide. |
Repères techniques
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