Élevage des Carrages du haut - Avancer génétiquement tout en gagnant sa vie

Installé depuis 1985 à Digoin (71), Philippe Bernigaud a toujours eu pour objectif de simplifier son métier. Pour ce faire, dès son installation, il se tourne vers l’insémination. Depuis 1990, 100% du cheptel est inséminé.

Vers un troupeau mixte

Philippe Bernigaud a recours exclusivement à l'insémination depuis 1990.Les efforts génétiques conduits avec l’aide de l’Entreprise de Sélection Gènes Diffusion visent très vite l’amélioration des valeurs maternelles (AVel, ALait). TILL 2000, VIF, EXEDEN, ICARE…. sont autant de taureaux utilisés, pour certains dès 1990, pour améliorer les qualités d'élevage de ses animaux. Philippe Bernigaud a avant tout pour objectif de produire des femelles mixtes. “Aujourd’hui, le poids de carcasse à l’abattage est de 530 kg en moyenne. Pourtant, il n’y a pas de plus value quand la carcasse dépasse les 500 kg, alors autant viser la précocité. C’est une tendance que l’on doit imprimer dans nos élevages, et ce même si on a en tête qu’à 500 kg, une femelle vêle mieux”, analyse l’éleveur.
Sur les femelles qui ne sont pas en accouplement raisonné (dans le cadre du programme de Gènes Diffusion), l’éleveur utilise notamment CALOGERO et IZOARD, pour apporter de la croissance et de la facilité de vêlage, un critère important pour lui puisqu’il travaille quasiment seul sur l’exploitation. “Sans compter que lorsqu’un vêlage se passe bien, le veau est plus actif”, ajoute-t-il.

20 à 25 vaches du troupeau en accouplement raisonné

L’amélioration des valeurs maternelles a toujours fait partie des priorités de l’élevage.“Ce travail de longue haleine conduit depuis 30 ans porte ses fruits depuis un moment déjà”, se réjouit l’éleveur qui souligne qu’aucune césarienne n’est plus réalisée depuis 8/10 ans. Grâce à la génétique, l'élevage est aujourd’hui moins dépendant des frais vétérinaires ainsi que des coûts alimentaires.
Autre preuve des bons résultats de l’élevage : 20 à 25 vaches du troupeau sont, aujourd’hui, en accouplement raisonné. Avec une moyenne de troupeau de 110,3, l’IVMAT est le plus élevé de la région.
Par ailleurs, l’élevage compte déjà quelques taureaux au catalogue Gènes Diffusion : SAUVEUR, RELAX et tout récemment le taureau génomique de la gamme Premium IZOARD. Un mâle homozygote sans cornes JIVAGO PP est lui entré en station et va même sortir au catalogue de la campagne 2016/2017.

3/4 des animaux génotypés

Sur l’élevage, 60% des femelles ont été génotypées.Pour aller encore plus loin, depuis l’an passé, Philippe Bernigaud a fait le choix de génotyper ses veaux. A ce jour, 60% des femelles ont été génotypées avec GD Scan, c’est-à-dire toutes les génisses de deux ans ainsi que les mères à taureaux dans le cadre du schéma Gènes Diffusion. Suite à ces génotypages, l’éleveur réforme les femelles dont les résultats, par exemple en lait ou en locomotion, ne sont pas satisfaisants. “Outre la possibilité de trier, la génomique me donne l’opportunité de faire des choix judicieux dans les accouplements pour notamment améliorer la qualité des mamelles”, souligne-t-il.
Du côté de la voie mâle, 50% des animaux ont été génotypés par le programme Gènes Diffusion ou par l’éleveur lui-même. Pour lui, cela augmente l'intérêt de l'animal lors de sa vente en tant que reproducteur. D’ailleurs, pour améliorer leur visibilité, les meilleurs de ces animaux sont mis en avant sur www.genomik.fr, site dédié à la commercialisation de reproducteurs génotypés.

2 mois de vêlage

Contrairement au secteur de Digoin où les vêlages débutent au 1er décembre, les vêlages de l’élevage Bernigaud Philippe s’échelonnent du 10 septembre au 15 novembre. Pour pouvoir grouper les vêlages sur deux mois, Philippe Bernigaud réforme systématiquement les femelles qui ne viennent pas en chaleur, même s’il s’agit de bonnes souches. “Les génisses ont six semaines pour remplir avant de partir à l’abattoir”, souligne l’éleveur qui estime que la fertilité est un point incontournable pour réduire l’Intervalle Vêlage Vêlage.

Repères techniques

MO : 1,2 UTH (seul sur l’exploitation, aidé par un salarié 1,5 journée par semaine)

SAU : 160 hectares dont 27 ha de cultures exclusivement pour nourrir les animaux

Troupeau :

  • 85 vêlages
  • 100% IA depuis 1990, vêlage 3 ans, taux de réforme de 30%
TROUPEAU RACE
IVMAT 110,3 98,4
ISEVR 107,6 98,2
IVV 363 jours 384 jours
  • Poids de carcasse à 530 kg pour les femelles et à 440 kg pour les taurillons vendus à 14 mois

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